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LE MOYEN ÂGE

Les Templiers - Création de l'Ordre

 

  En 1118, Hugues de Payns (de la maison des Comtes de Champagne) et Godefroy de St Omer se consacrent au Service de Dieu sous la règle des chanoines de St Augustin. Ils choisissent de surveiller le plus étroit et le plus dangereux des défilés des abords de Jérusalem, menant au St Sépulcre.

 

Afin d'assurer une garde efficace, les deux hommes prennent sept compagnons d'égale vaillance (Montbord, Gondemare, Godefroy, Roral, Montdésir, Bisol et St Agnan). Alors sans toit, Baudoin II (Roi de Jérusalem) leur offre l'asile dans une aile abandonnée de son palais qui jouxte l'ancienne mosquée d'El Aqsâ, le Temple de Salomon.

 

Auparavant, ils ont prononcé les trois voeux de l'Ordre : la chasteté, la pauvreté et l'obéissance. Convaincus qu'il faut protéger avant de soigner, ils promettent de tout mettre en oeuvre "pour assurer les routes, défendre les pélerins contre les brigandages et les attaques des infidèles".

 

Les Templiers - La Règle

 

 Durant les neuf premières années de leur établissement, les Templiers remplirent avec dévotion leurs obligations sous cette Règle de St Augustin, érigée par l’autorité suprême de l’Eglise. Les premiers « pauvres chevaliers du Christ » vivaient uniquement des aumônes et de la charité publique.

Mais commençant à rassembler des biens matériels et beaucoup d’argent, la Milice entreprend également d’élargir ses rangs en intégrant certains excommuniés, malfrats, bandits de grand chemin et fortes têtes dans le but de les ramener dans le droit chemin tout en asseyant la puissance de l’Ordre.

Cet aspect a  particulièrement éveillé les soupçons de l’entourage papal y voyant déjà l’ombre d’une menace. Conscient que sa force grandissante est aussi son danger vital, Hugues de Payns s’emploie à rappeler diverses fois son allégeance au Pape et vise la sanction suprême : la reconnaissance officielle de l’Ordre du Temple par l’Eglise.

Lors du Concile de Troyes de 1128, la règle augustinienne inspire largement celle mise en place spécialement pour les Templiers et qui leur confère une organisation propre. Cette structure très hiérarchisée qui naît alors garantit à la Milice une autonomie de pratiques et de décisions sous les ordres de représentants internes (dont le Grand Maître, dirigeant de l’Ordre). Les Templiers n’ont donc plus de comptes à rendre à quiconque sinon au Pape lui-même.

Cette Règle, dont la description n’a que peu d’importance en soi est véritablement le point de départ de l’énigme templière : leur indépendance, leur repli sur eux, l’opacité de leurs pratiques pour les non-initiés a conduit peu à peu à constituer le mythe et l’image de ces Templiers que nous avons aujourd’hui en tête.

Les Templiers - L' Expansion

 

 A partir de ce moment, l'importance et le pouvoir du Temple ne cessent de s'accroître, tant en Occident qu'en Terre Sainte. L'ordre est devenu de plus en plus riche pour plusieurs raisons :

 1 - Les dons dont il bénéficie depuis deux siècles déjà s'accumulent un peu partout et les principes de la Règle interdisent aux moines-soldats de dépenser versatilement l'argent ou les biens mais pas de s'en servir à des fins militaires (réarmement des troupes en Terre Sainte, réapprovisionnement des vivres, formation des combattants de l'Ordre, négociations - avec Saladin notamment - ...) ou économiques (prêts avec usure ...). De fait, les biens acquis  et gérés immédiatement par les Templiers n'ont fait que fructifier et devenir des profits nets.

 2 - Parallèlement, ils comptabilisent de nombreux butins de guerre, revenus de leurs "pillages chrétiens", avalisés voire encouragés par la bulle du pape en 1139.

 3 - Puis les dons des pélerins sont restés abondants au fil des décennies. Les Templiers ont largement repris à leur compte le très intéressant système des reliques, puisque les pélerins se montrent toujours généreux devant ces symboles parfois créés de toute pièce (cf la croix du Christ).

 

Au XII siècle, l'Ordre des Templiers est présent pratiquement partout en Europe Occidentale, garantissant tous les chemins menant à Jérusalem et rejoint entre eux les divers points de rassemblement pour les Croisades. Sans évoquer les capitales influentes de l'époque.

 

L'Ordre devient donc la seule organisation capable de lever rapidement des fonds en cas de nécessité, et d'acheminer ces biens le long des chemins qu'ils protègent. Les Templiers sont opso facto les banquiers de l'Europe et modernisent considérablement les échanges monétaires alors en vigueur : sont inventés les lettres de change, le chèque et divers modes de crédit valorisant la monnaie virtuelle d'aujourd'hui.

De cette activité, l'Ordre a accrut son prestige, sa force, sa défiance vis à vis du pouvoir royal et presque de l'Eglise. Il est omniprésent, intervient dans les négociations difficiles en tant que médiateur attentif, règle la vie économique, politique et sociale de l'Europe entière, en France tout particulièrement.

Les Templiers - Les Limites de l'Ordre

 

 Cette force immense du Temple constitue également sa grande faiblesse, ses richesses attisant toutes les convoitises dans un Moyen Âge structurellement pauvre. Les bénéfices importants réalisés grâce à la gestion exemplaire des dons multiples lui vaut moult inimités et jalousies ; que ce soit de la part des autres ordres, militaires (hospitaliers et chevaliers teutoniques) et contemplatifs (bénédictins et cisterciens), des institutions laïques et des pouvoirs politiques (Provinces, Royaume, Papauté).

Comme une machine bien huilée et hautement efficace, le Temple a fini par ne plus avoir grand chose de l'humanité qui le caractérisait au moins durant les 3 fois 3 premières années de son existence.

Il concurrence presque tous les métiers pour les avoir intégré peu à peu dans son organisation et avoir reproduit rapidement les modes opératoires en améliorant le rendement et la qualité. Sans parler de la revente à prix coûtant de ses produits et n'hésitant pas à montrer par la force, la manipulation et la terreur sa suprématie.

 

Et l'Eglise se retrouve ainsi dans une position délicate car le but avoué était de constituer une milice religieuse, le bras armé du Pape, afin d'assoir plus sereinement son autorité. L'occasion en a été trouvée et saisiepar Bernard de Clervaux (à l'origine de la règle de l'Ordre) mais la situation originelle a changé : Saladin a repris (définitivement) Jérusalem en 1187 aux chrétiens et St Jean d'Acre a chuté un  siècle plus tard (1291).

La raison d'être de l'Ordre ne réside donc plus qu'en Occident, où il a su prospérer au delà de l'imagination.

 

Quant aux Rois de France, ils ont longtemps confié le trésor du Royaume en gestion au Temple de Paris, la commanderie "mère". Mais ils ont su qu'en toute circonstance, l'Ordre possédait les hommes entraînés et motivés, les fonds nécessaires pour livrer bataille voire guerre contre n'importe quelle autre puissance occidentale en n'ayant à craindre de vrais revers.

 

Ce qui est pour Philippe IV (le Bel) une menace.

 

Thèmes : L' Ordre des Templiers - Venise et son Archipel - Kalambaka la région des Météores - le Château de Siau - le Château de Vincennes - Le quartier de Montparnasse à Paris - la Sainte Chapelle de Paris - Eudes le premier roi capétien - le roi Louis IX surnommé Saint Louis - la tarte Raymonde - la glace Manou - les paupiettes traditionnelles du Cantal