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Acteurs  de  l'histoire

 
Eudes (860-898, règne 888-898) - dynastie des Capétiens

Le Contexte 

 

Lorsqu’ Eudes se trouve couronné, ou plutôt se couronne lui-même à Reims en 889, il est parvenu à enrayer une situation catastrophique qui a conduit le pays à l’anarchie féodale la plus complète. Ceci pour deux raisons :

 1- la règle terrienne déjà à l’origine de la chute des Mérovingiens émiette considérablement le royaume assemblé méthodiquement par Charlemagne puis Louis Ier (le Pieux ou aussi le Débonnaire) son fils. A titre d’exemples, les trois fils de Lothaire se partagent à sa mort le tiers de l’Empire de leur père ! *

De fait, la Francie Occidentale voit ses frontières bornées par l’Escaut, la Meuse, la Saône et le Rhône.

 2- Dès 793, les Normands (ou « hommes barbares du Nord ») décident de s’attaquer à l’Empire franc après avoir pillé longuement et avec vif succès les côtes anglaises. Pendant près de 50 ans, ils réussissent à dévaster, brûler les terres du Nord et de l’Est de la France, remontant les fleuves pour parvenir à assiéger puis piller les grandes villes du Royaume à cette époque : Rouen (par la Seine), Nantes (par la Loire), Toulouse (par la Garonne).

Largement pourvus en hommes, ces troupes profitent du désordre intérieur puisqu'à chaque occasion les grandes Maisons manifestent leur indépendance vis à vis d'un pouvoir royal qui n'a les moyens ni financiers ni militaires de s'y opposer.

 

Son Rôle déterminant

 

En 845, la première alerte intervient pour Paris. Le premier roi de France, Charles le Chauve, sauve la capitale en négociant le départ des barbares à 700 livres d'argent. Pour gagner du temps, jusqu'en 885. A cette nouvelle date, la France est plus faible que jamais : les hordes barbares se sont succédées et n'ont cessé de continuer leurs ravages. Naturellement, ils se retrouvent ausx portes de Paris et entament un siège dont ils maîtrisent toute la technique.

Mais Paris se limite à l'Ile de la Cité, fortifiée de toutes parts et renforcée à ses deux accès par 2 puissantes tours de défense (à hauteur du Châtelet et place St Michel). C'est donc une place forte préparée à toute éventualité qui se dresse et attend l'envahisseur.

De très nombreux assauts sont subis mais tous voués à l'échec. Les Barbares multiplient les ingéniosités pour faire plier les parisiens mais chaque fois ceux-ci tiennent une riposte prête à fonctionner et ruinent les nouveaux espoirs des conquérants.

 

Le grand vainqueur de Paris est Eudes. Après ses exploits tant tactiques que diplomatiques, il réussit enfin à mettre en déroute les troupes du Nord, plus d'un an et demi après le début du siège. Charles le Gros, toujours roi de France en plus de son propre royaume, de Germanie, confirme Eudes comme Comte de Paris. Peu après contraint à l'abdication par ses puissants et menaçants vassaux, Charles abandonne le trône et laisse donc vacant celui de France.

Ici, tandis que joue en faveur de Charles III  (le Simple) la règle dynastique, les grandes familles du royaume réunies à Compiègne en 888 sacrent Eudes roi d'un domaine qui s'étend uniquement de la Loire à la Marne (Charles III fis lposthume de Louis II le Bègue n'a que 8 ans).

 

Son Pouvoir

 

L'objectif majeur avoué d'Eudes est de repousser tous les envahisseurs. Or, en fuyant Paris les Barbares se sont regroupés près de Meaux et y ont rassemblé leurs forces. Sous l'impulsion de leur roi, cavaliers, fantassins et apports complémentaires des vassaux (beaucoup de suzerains) viennent affronterles Normands à Montfaucon le 24 juin 888.

 

A la suite de cette nouvelle victoire éclatante, le roi Eudes est reconnu par davantage de provinces jusqu'à recevoir l'hommage des Etats du Midi au cours d'un longue tournée célébrant le héros de Paris et de Montfaucon.

Depuis Charlemagne, Eudes est le premier roi qui parvient à créer un début d'unité du Royaume, à en reconstituer les bases peu à peu éparpillées.